En septembre 1967, le baron Marcel Bich lance le premier défi français dans la Coupe America. Lorsqu’on lui répond qu’il faudra patienter jusqu’en 1973 car les Australiens sont déjà engagés, il réplique : « Nul n’est immortel. Qui peut dire ce qu’il fera dans six ans ? C’est tout de suite que je veux lancer un défi. Vous n’avez qu’à organiser des éliminatoires entre les challengers “. Et il obtient gain de cause. Industriel dans l’âme, Bich part du principe qu’en France personne ne connaît la Cup ni les 12-Mètre. Il acquiert donc Sovereign, Constellation et Kurrewa V. L’américain Britton Chance lui dessine un étalon construit par le Suisse Egger, Chancegger. À partir de cette base, l’architecte marseillais André Mauric conçoit France I, réalisé à Pontarlier par Egger.
En 1970, face à Gretel II, le Suisse Louis Noverraz skippe le bateau en alternance avec le Français Pierre Delfour. Dans la dernière manche, Marcel Bich prendra la barre en compagnie de Tabarly et sera victime du brouillard de Newport. France I est battu. Cela ne décourage pas le baron : « On a pris une bonne claque, mais on va recommencer “. D’abord avec le Danois Paul Elvström qui doit barrer le futur challenger, un étonnant twelve en aluminium à bulbe imaginé par Jan Kjaerulff, mais une brouille met fin au projet. En 1974, France I skippé par Jean- Marie Le Guillou est battu par Southern Cross. En 1977, Mauric dessine France II, c'était un bateau option, un peut moins performant que France I, il dispute sans illusion ses 3e éliminatoires face à Australia, Gretel II et Sverige.
Il n'eut pas la chance de participer à la coupe car dès les premiers essais, il s'avéra moins rapide que son prédécesseur France I, principalement dans la baie de Newport, lieu de la coupe en 1977. Dans la brise, à partir de 20 noeuds de vent, FRANCE II était en revanche très rapide, mais cela n'était pas suffisant pour le choisir comme challenger de la France...
France II est alors racheté par Jaques Kreitmann et François Olivret, qui leur a permis en octobre 1978 de triompher dans la dernière étape du Triangle Atlantique. Le voilier prouva ainsi qu'il était tout aussi performant pour supporter les affronts de la haute mer. A cette époque le bateau pris le nom d'Aquitaine, le sponsor principal de l'époque, en partenariat avec le quotidien Sud-Ouest.